Son style et sa technique ne laissent personne indifférent. Dès le premier contact avec l’une de ses œuvres, nous sommes systématiquement plongés dans un univers pas comme les autres. À travers son travail, Anicet Koffi Allou, dit Ankofa nous impose une vision chromatique atypique qui rapproche l’art du grand public. Selon de nombreux observateurs de l’art contemporain ivoirien, cet artiste, diplômé de l’École nationale des beaux-arts d’Abidjan (INSAAC), fait la promotion d’une écriture picturale profondément ancrée dans l’identité africaine, tout en gardant un prisme contemporain. La rédaction d’africanartists.ci vous présente Ankofa, un talent qui a développé la technique du Dripping.

Une initiation digne d’un Grand

Né le 3 mars 1983 à Yoboukro, sous-préfecture de Djekanou, dans le département de Toumodi, le petit Anicet a été très tôt touché par le virus de l’art. En 1998, il s’oriente vers le Conservatoire régional des arts et métiers d’Abengourou (CRAMA), avant d’intégrer le Centre Technique des Arts Appliqués de Bingerville (CTAA) et, finalement, d’obtenir son Diplôme d’Études d’Art Général à l’École Nationale des Beaux-Arts d’Abidjan (INSAAC). Aujourd’hui une des valeurs sûres de l’art contemporain ivoirien, Ankofa reconnaît lui-même avoir été grandement influencé par des illustres tels que Jacques Samir Stenka et JacoBleu.

« Je suis venu à l’art par amour, par passion. J’aime le dessin à la base et les couleurs. J’ai été surtout influencé par un documentaire sur l’artiste-peintre ivoirien Jacques Samir Stenka sur une chaîne de télévision internationale. C’est à partir de là qu’est parti le déclic de faire de la peinture mon métier. Stenka est aussi l’une de mes sources d’inspiration en matière de composition graphique et en matière de couleur, c’est l’artiste ivoirien JacoBleu », nous a confié l’artiste Ankofa.

Une technique, le “Dripping”

À travers ses œuvres, Anicet Koffi Allou explore généralement les traditions, les masques, la condition humaine et la beauté africaine. Son œuvre est un pont entre le patrimoine ancestral et la modernité. Son travail se distingue par une utilisation vibrante des couleurs, des jeux de textures (parfois des techniques mixtes incluant des collages ou des matériaux de récupération) et des formes semi-abstraites ou figuratives qui capturent l’émotion et le mouvement.
Derrière l’esthétique, ses peintures portent fréquemment des messages de résilience, d’unité et de revalorisation de l’histoire et de la mémoire africaine. En réalité, Ankofa fait partie de cette scène dynamique des plasticiens ivoiriens qui s’imposent de plus en plus dans les galeries d’art, tant au niveau national qu’international.

« Ma technique, c’est de l’acrylique sur toile. J’ai développé une technique qu’on appelle le “DRIPPING” qui consiste à faire couler ou laisser goûter de la peinture sur le support. J’utilise aussi la technique de l’Applat de couleur. Ces techniques donnent le résultat souhaité. Elles font ressortir mon identité artistique. Ma vision est que mon art soit accessible à tous, et aussi de transmettre le goût de l’art à ceux qui veulent en faire une carrière. Par ailleurs, mes objectifs commencent par faire connaître le plus, mon art à travers le monde. Ensuite collaborer avec plusieurs artistes et mécènes en vue de projets culturels », a ajouté le peintre ivoirien Anicet Koffi Allou, dit Ankofa.

Pour finir, il est important de mentionner que son pseudonyme lui a été attribué très tôt par son premier maître, le célèbre artiste peintre ivoirien Jacobleu, qui décèle immédiatement son potentiel. Ce nom s’inspire du concept traditionnel Akwapim/Akan “Sankofa”, symbolisé par un oiseau qui regarde vers l’arrière, signifiant : “Il n’est pas tabou de retourner chercher ce qu’on a oublié” (le retour aux sources).

C. Boli